Cuisson et maçonnerie au plâtre artisanal dans le Vieux Hameau d’Arzeliers.

Du 17 au 21 mai 2021, 8 salariés de LADOMIFA ont participé à une formation sur « la maçonnerie ancienne au plâtre », avec comme supports les vestiges du vieux hameau d’Arzeliers dans les Hautes-Alpes.

L’humeur était à la joie ce matin du dimanche 16 mai à Montreuil. 8 des salariés de LADOMIFA ayant participé à la campagne de restauration des murs à pêches au printemps de 2021, et 3 des encadrants des Pierres de Montreuil, s’étaient donnés rendez-vous. Pas moins de 8 heures de route les attendaient pour rejoindre la commune de Laragne-Montéglin. A l’arrivée les pluies des dernières semaines laissent place à un temps radieux qui présage une semaine de formation riche en beaux moments dans des paysages magnifiques.

 

Perché sur les hauteurs du Laragnais, le vieux hameau d’Arzeliers, composé de quelques maisons autour d’une chapelle et d’un château datant du 12e siècle, interpelle celui qui vient le découvrir. Face à ces ruines qui refusent de disparaître, on mesure le travail des hommes et l’œuvre du temps.

 

Sylvestre Garin, l’architecte du patrimoine en charge du site, qui nous accueil, explique : « Chaque mur donne à voir une étape de l’évolution de ce hameau. Il nous faut les regarder pour nous adapter » avant d’ajouter : « nous ne sommes que des passeurs ».

Première leçon : l’humilité devant ces savoirs qui ont traversé l’histoire.

Deuxième leçon, donnée par Joël Tressol, ancien artisan aujourd’hui formateur : le respect du matériau collecté sur place.
Car tout ce qui compose les vestiges du hameau peut servir à sa sauvegarde. Les pierres bien entendu, pour rebâtir les voûtes et les murs, mais également les plâtras, anciens enduits de plâtre, qui peuvent être recuits, broyés et tamisés pour redevenir poudre de plâtre.

C’est précisément ce savoir-faire que Joël Tressol vient transmette aux Arzeliers depuis plusieurs années.
Avec lui, l’équipe apprend à distinguer les matériaux, à construire un four provençal, à le charger en bois et en gypse, …

L’allumage est un temps fort. Dans le silence de la fumée qui se dégage, chacun prend conscience des gestes, des odeurs et des bruits qui font la permanence du lieu.

Pendant qu’une équipe charge, défourne, broie, tamise et remplit des sacs de ce plâtre 100% artisanal, le reste du groupe prépare les zones d’intervention.

Il s’agit d’une portion de mur pignon à reconstruire et d’une cave dont la voûte, partiellement effondrée, sera coffrée puis re-maçonnée durant la semaine. Durant le séjour, lors d’ateliers théoriques et de visites, l’équipe a découvert le plâtre sous toutes ses formes. Le minéral d’abord : ses couleurs, ses aspects, sa provenance…

Déballant les plus beaux exemplaires de sa collection, Joël Tressol est intarissable sur la diversité du gypse.

Son exploitation et son extraction sont aussi appréhendées in situ lors de la visite de la carrière Placoplatre de Lazer.

Quant à sa transformation en liant de construction, elle a été effectuée au cœur du hameau où le groupe a aménagé des espaces de cuisson, de broyage et de tamisage.

 

Ces 5 jours de formation auront été une expérience forte pendant laquelle le groupe a découvert une région magnifique et enrichi ses connaissances sur le plâtre et sa fabrication. Il s’agira dès lors de les mettre à profit à Montreuil où le four des Pierres de Montreuil attend sa première chauffe.

Du Nord au Sud, le plâtre n’en finit pas de tisser des liens…

 

Ce projet a été rendu possible grâce au soutien et à l'investissement de AI LADOMIFA, INEO FORMATION, La Ville de LARAGNE-MONTEGLIN, le PARC DES BARONNIES PROVENCALES et la FONDATION  PLACO-PLATRE

 

 

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